Méthodologie
Recherche social empirique
Méthodologie
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Approche |
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En tant qu’académie, nous nous devons de respecter les principes scientifiques de la validité, de la fiabilité et de la transférabilité des données prélevées ; nous nous référons aux standards et aux méthodes de la recherche sociale empirique. Afin de garantir la qualité, nous disposons d’un conseil scientifique ; selon l’importance d’un projet donné, nous constituons aussi des comités de pilotage ou consultons des experts.
Comme l’étude de questions interculturelles requiert souvent des connaissances pointues multiples, nous travaillons de manière interdisciplinaire. L’équipe se compose entre autres de spécialistes en sciences politiques, en ethnologie, en sociologie, en psychologie et en assistance sociale. Au besoin, nous coopérons avec des experts – hommes et femmes – d’autres disciplines (par ex. les sciences du sport ou la recherche en matière de conflits).
En raison de son orientation interdisciplinaire, la SAD peut faire intervenir une large palette de procédés de recherche qualitatifs et quantitatifs. Nous utilisons souvent plusieurs démarches différentes en combinaison, spécialement dans des contextes où il n’existe pas encore de procédés standardisés à choix. Dans une telle situation, il est indiqué d’accroître la probabilité de validité des résultats en croisant différentes méthodes qualitatives et quantitatives. On cherche ainsi à utiliser les avantages des différents procédés pour obtenir une image plus complète de l’objet de l’analyse.
Nos activités de recherche ne sont pas une fin en soi mais s’orientent en fonction des besoins pratiques. En collaborant étroitement avec les divers acteurs, nous cherchons des réponses à des questions d’actualité dans le domaine du développement et de l’intégration. La recherche fondamentale de la SAD est elle aussi conçue dans la perspective de trouver des solutions à des problèmes pratiques. Si la collecte de données ne comporte pas de bénéfice direct ou tout au moins indirect pour les personnes visées par l’étude, elle n’est, à notre avis, ni nécessaire ni justifiée.
Les réponses sont aussi diverses que les questions. Selon l’objet qu’il s’agit d’étudier, selon le contexte et le groupe visé, nous ajustons nos instruments et nos indicateurs ou concevons de nouveaux outils mieux adaptés. En raison de l’attention particulière que nous portons aux questions interculturelles dans le domaine de la promotion de la jeunesse, de l’intégration des migrantes et migrantes et des minorités ainsi que du sport et du développement, nous disposons à cet égard de méthodes éprouvées, adaptées aux groupes visés. La recherche appliquée à des enfants et à des jeunes doit être adaptée en particulier aux capacités langagières et au niveau d’abstraction des différents groupes d’âge, être suffisamment variée et ludique.
En sciences sociales, les standards de recherche ont aussi fait leurs preuves dans des contextes non occidentaux. Lorsqu’on transpose des méthodes de recherche, il faut toutefois tenir compte de certaines valeurs, normes et pratiques locales si l’on veut obtenir des résultats valables. Les consignes et le contenu des instruments utilisés doivent être autant que possible familiers au groupe visé, en particulier quand on souhaite pouvoir comparer les résultats entre différentes cultures. Il est peu fructueux d’utiliser des questionnaires écrits dans une société où le taux d’analphabétisme est élevé ou d’aborder des personnes avec des rating skales (échelles de jugement) alors que ce concept leur est entièrement inconnu. Les indicateurs ne peuvent pas non plus être transposés tels quels : ainsi, par exemple, la question portant sur une consommation excessive de télévision donne à penser à un comportement d’évitement dans une société donnée, tandis que la même question n’a pas de signification particulière dans une communauté où l’électricité est rare. On obtiendra aussi des réponses peu fiables à des questions qui sont tabou dans la société locale. Il y a lieu de ne pas oublier non plus que l’objet de l’analyse n’existe peut-être pas dans une autre culture ou qu’il diffère considérablement : ainsi, certaines communautés linguistiques d’Afrique n’ont aucune expression équivalente pour désigner la notion de « dépression ». Le problème de la recherche interculturelle ne réside pas seulement dans l’application des méthodes à d’autres pays. La compréhension des particularités culturelles est aussi une condition pour pouvoir interpréter correctement les résultats dans le contexte des différences culturelles. Dans le cadre de ses projets extra-européens, la SAD coopère donc toujours avec des partenaires locaux.
Nous sommes tenus de respecter des standards internationaux concernant l’éthique de la recherche ; ces derniers ont pour nous un caractère obligatoire. L’un des points, c’est que les participantes et participants doivent être informés de la recherche et des désagréments possibles et consentir à y prendre part. Dans le cas des enfants dont les parents ne sont pas toujours accessibles, ce n’est pas une tâche aisée ; mais il faut être prêt, dans chaque cas, à fournir l’effort supplémentaire que requiert une information adaptée à l’âge et demander leur autorisation aux personnes chargées de s’occuper de l’enfant. Participer à l’une de nos recherches ne comporte jamais d’avantages qui rendraient un refus plus difficile. Après la fin de l’enquête, les participant-e-s reçoivent un feed-back quant au sens et au but de la recherche et ils ont l’opportunité de poser des questions. Un autre point central est la protection de la sphère intime des participant-e-s, le traitement confidentiel des données et leur anonymisation.
Nous sommes conscients que la recherche constitue une atteinte dans le contexte de vie des personnes concernées et qu’elle peut aussi comporter des effets négatifs. Ainsi, des questions qui touchent affectivement une personne peuvent entraîner une situation de stress importante et ne devraient être posées que par des interviewers formés à cet effet. La SAD s’efforce de confier la collecte de données à des partenaires locaux expérimentés et, le cas échéant, de les entraîner à la technique d’interview. Il convient en principe de renoncer à récolter des informations d’importance secondaire ou redondantes, sauf si ces dernières ne sont accessibles qu’indirectement. Quand la recherche touche des populations particulières, par exemple des enfants réfugiés traumatisés, il se peut que des préjudices d’ordre psychique et physique apparaissent au cours de la collecte des données, si bien qu’il est nécessaire d’adresser les intéressés à des services spécialisés. Il s’agit donc de déterminer au préalable l’existence de ressources appropriées. Il est fréquent aussi que les résultats d’une recherche fassent apparaître la nécessité d’une intervention ou impliquent l’ajustement d’un programme existant. Nous considérons qu’il est de notre devoir de faire parvenir ces résultats aux responsables de décisions concernés à l’issue de la recherche.
L’un de nos points forts est d’associer à la démarche de recherche les différents acteurs, les partenaires qui nous financent, les praticiens et, surtout, le groupe cible directement concerné. Des raisons de fond, de méthode et d’éthique qui se rapportent à beaucoup des points cités plus haut plaident dans ce sens : le fait de se référer explicitement aux problèmes et aux besoins du groupe visé empêche les erreurs de diagnostic et l’immobilisme en garantissant des résultats proches de la pratique. Le caractère participatif de la recherche qui associe très tôt les communautés concernées à son orientation et à son application permet de concevoir des méthodes adaptées à la culture et de mobiliser sur place les ressources (Capacity-Building). La participation des intéressés permet aussi de reconnaître à temps des manières de procéder non éthiques ou délicates et de les éviter. |
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